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Conférence à la banque de France : Comment saisir les chances de la France en Europe ?

Par admin jean-lagarde, publié le vendredi 13 avril 2018 15:35 - Mis à jour le vendredi 13 avril 2018 15:36

Veuillez trouver ci-dessous un résumé de la conférence qui a eu lieu à la banque de France : Comment saisir les chances de la France en Europe ? Pour un compte rendu complet vous avez le fichier joint. Merci à Mme MARTIN et M BOUZIGUES.

Comment saisir les chances de la France en Europe ?

 

(Actualisation de la lettre introductive au Président de la République – Rapport annuel de la Banque de France, Juillet 2017)

 

Laurent Bouzigues et Stéphanie Martin vous proposent un résumé des principaux axes de la lettre introductive au rapport annuel de la Banque de France adressé au Président de la République par François Villeroy de Galhau, actuel Gouverneur de la Banque de France.

 

 

 

Lettre introductive au rapport annuel de la Banque de France

 

Juillet 2017

 

« L’année 2017 offre à la France la possibilité d’un nouvel élan. Les Français ont élu un nouveau Président et une majorité parlementaire claire.

Notre pays bénéficie aussi d’une croissance en hausse dans l’environnement européen. Cette embellie doit être le moment favorable pour que la France se mobilise collectivement et rattrape enfin ses retards.

 

La partie exigeante se gagnera sur trois terrains de jeu géographiques :

 

  • à l’échelle mondiale, nous devons avec nos partenaires défendre des règles du jeu collectives pour préserver une amélioration conjoncturelle fragile ;
  • en Europe, il nous faut saisir la chance de bâtir sur la reprise actuelle une croissance plus solide, par l’optimisation de la zone euro ;
  • enfin et surtout, en France même, il ne dépend que de nous de relever le défi de l’accélération nécessaire, en osant les réformes. »

 

François Villeroy de Galhau

 

 

  1. POUR PRÉSERVER UNE AMÉLIORATION MONDIALE FRAGILE, DÉFENDRE DES RÈGLES DU JEU COLLECTIVES

 

Les perspectives de croissance de l’économie mondiale ont été revues à la hausse par le FMI, pour se situer à 3,5% en 2017 et à 3,6% en 2018, après seulement 3,1% en 2016.

 

Deux grands risques pourraient cependant affecter la reprise économique encours. Celui de la fragmentation des territoires (Brexit) avec des tentations protectionnistes (Etats-Unis) et celui de l’instabilité financière, avec la montée de l’endettement mondial.

 

Par ailleurs, les fruits de la croissance économique ont été trop inégalement répartis. Répondre à cette montée des inégalités requiert, sans nul doute, d’accroître le contenu en emploi de la croissance, mais au-delà de tenir compte du modèle social. Ainsi, les politiques inclusives de l’Union Européenne doivent cibler en priorité trois domaines : l’éducation et la formation professionnelle ; une redistribution fiscale et sociale efficace ; l’aménagement des territoires.

 

 

 

  1. SAISIR LA CHANCE EUROPÉENNE, POUR BÂTIR UNE CROISSANCE PLUS SOLIDE

 

La croissance et l’emploi s’améliorent dans la zone euro. Celle-là même, dont certains prédisaient l’éclatement, pourrait au contraire s’avérer être une valeur de retournement et connaître une croissance proche de celle des Etats-Unis.

 

Le premier atout de la zone euro est la politique monétaire efficace menée par l’Eurosystème. Avec l’objectif cible de 2% d’inflation, la zone euro doit parvenir à se prémunir de tout cercle vicieux déflationniste et favoriser les ajustements structurels.

 

La politique monétaire non conventionnelle a significativement contribué à rassurer les marchés et à éviter toute nouvelle crise de la dette en Europe.

Mais cette politique n’est pas éternelle et seules les réformes de long terme peuvent stimuler durablement la croissance. Ainsi le binôme « réformes/relance » permettrait d’atteindre un policy-mix plus efficace en zone euro. Et pour garantir durablement une stratégie économique collective, un ministre des Finances de la zone euro pourrait être créé.

 

Il semblerait que les Cassandres annonçant la fin de la zone euro se sont fourvoyées en conjectures. Il y a vingt-cinq ans, les Européens ont choisi démocratiquement de construire une Union économique et monétaire. Aujourd’hui, la monnaie unique est un grand acquis : les citoyens y sont très attachés, à 72% au printemps 2017 dans la zone euro.

 

 

 

  1. RELEVER LE DÉFI FRANÇAIS, AVEC NOS CAPACITÉS D’ACCÉLÉRATION

 

La croissance française s’améliore : après seulement 1,1% en 2016, elle pourrait atteindre 1,6% en 2017. Malgré ces évolutions favorables, le retard français demeure du fait d’une croissance potentielle trop basse et d’un taux de chômage structurel trop élevé, estimé aujourd’hui à plus de 9% ; autrement dit à un niveau insupportable car deux fois plus élevé que le taux de chômage de plein emploi.

 

Notons aussi l’insuffisance de notre compétitivité reflétée dans nos comptes extérieurs. La France est le seul des grands pays de la zone euro à avoir une balance des transactions courantes déficitaire en 2016.

Notre compétitivité coût s’est améliorée depuis 2006 vis-à-vis de l’Allemagne du fait des augmentations de salaires plus rapides en Allemagne et de l’effet favorable du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Mais notre compétitivité hors coût est en chute libre ; ce qui appelle un renforcement des qualifications professionnelles et l’ouverture de certains marchés de services.

 

Il est donc impératif que la France ose les réformes nécessaires et possibles pour converger sur les quatre grands domaines de succès de nos voisins européens, les « 4E », à savoir les entreprises, l’emploi, l’éducation et l’Etat.

 

Pour cela il convient de reprendre le contrôle de nos finances publiques afin d’améliorer notre compétitivité et défendre notre souveraineté ; de poursuivre une ambition de transformation globale et équitable, notamment en matière de formation professionnelle et d’apprentissage.

 

La Banque de France, indépendante mais partie prenante des recommandations européennes, assume ici la triple responsabilité de garantir une monnaie de confiance, de veiller au bon fonctionnement de l’économie et à la stabilité du système financier. Enfin, elle se doit d’accompagner à l’éducation économique et financière les différents acteurs du système – PME, TPE mais aussi ménages endettés – et ce, sur l’ensemble du territoire national.

 

 

« Les défis pour la France sont exceptionnels, mais la fenêtre d’opportunité l’est aussi. Si notre pays s’engage sur le chemin d’une mobilisation collective, il peut renouer durablement avec une croissance plus forte et plus inclusive, et sa voix pèsera de tout son poids en Europe. Les années qui s’ouvrent seront alors le temps de la France, et la chance de l’Europe. »

 

 

Paris, le 4 Juillet 2017

 

François Villeroy de Galhau

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